MOI ET MON CORPS
Mettons nous d’accord
Il y a des gens tout d'une pièce et monochromes, qui disent : moi j'ai toujours été vert... Ou rose... Ou bleu...Tant mieux pour eux !
Parce qu'à moins d'avoir eu une grand-mère herbivore, un grand-père granivore, le manuel du parfait jardinier pour toute lecture et pas de copains... On a plus ou moins tous connu un jour les paupiettes qui caramélisent dans la cocotte, les gigots qui croustillent dans le four, les envies d'ailleurs, satisfaites au drugstore et les nuits enfumées. Et on en redemande.
S'il y en a parmi vous qui n'ont jamais craqué pour un toast au foie gras accompagné d'une coupe de champagne, qu'ils lèvent la main ! Ah oui...quand même...Il y en a ?
Je veux dire par là que vivre bio résulte généralement d'une prise de conscience. Il ne suffit pas de coller une étiquette AB sur sa vie d'avant pour que, miraculeusement elle devienne bio.
Et chacun sait que l'alimentation, c'est 10% d'aliment, bon, allez, je vous accorde 20%, et tout le reste d'amour, d'amitié, de nostalgie, de rêve. C'est ce qui rend la chose si complexe.
Or le plus souvent, on ne tombe pas dans la marmite bio en naissant. Le bio, c'est comme la vraie vie : pas tout facile et pas si naturel que cela...Pour s'en convaincre, il suffit de demander aux agriculteurs qui ont décidé de se convertir... Hier mon voisin me disait : « Souvent mon corps et moi, on est pas d'accord. Et pour exprimer sa mauvaise humeur, il ne manque pas de vocabulaire. Les lendemains de fête, il fait grise mine, il bloque, il picote. Et si je m'insurge, le surlendemain, il envoie un signal plus fort ». La sentinelle de mon voisin c'est donc son corps.
Mais il y en a beaucoup qui font leur mauvaise tête qui disent : Ah s'il fallait que j'écoute mon corps ! ou bien Mon corps ne va quand même pas faire la loi chez Moi ! Ou encore Je l'ai prévenu : c'est ou lui ou Moi ...que celui qui n'est pas d'accord s'en aille !
Pour y voir un peu plus clair et savoir d'où vient l'ennemi, moi je fais comme les Indiens : je mets mon oreille contre la Terre. Elle me dit : Ecoutez, il va falloir que vous fassiez quelque chose, parce ce que là, vraiment, je n'en peux plus.
Vous me dégarnissez ici vous me saignez là... Ailleurs vous m'arrachez le cœur... Avec les arbres qui ont mis trois cents ans à pousser, vous faites des vide-poches, des petites boites à kleenex, toutes sortes de meubles et d'objets que vous vous dépêchez de casser..
Autrefois, les troupeaux erraient librement et lorsqu'ils me couraient sur les méridiens cela me faisait circuler le sang et l'énergie vitale. Depuis que vous les concentrez en batteries, ils me pèsent à certains endroits plus qu'à d'autres . Et tous ces animaux qui se marchent dessus... Et ce sang qui coule à flots... Et le lait qui se répand... Parce que forcément, dans tout ce désordre, personne ne trouve son compte !
Avez-vous au moins calculé ce qui va se passer si vous continuez comme ça ? Vous avez quand même remarqué, tout tête-en-l'air que vous êtes, que la tendance démographique est plutôt à la hausse qu'à la baisse. Certains disent (L'Institut National d'Etudes Démographiques (INED) : 8,3 milliards d'habitants en 2030 ...
Cette hausse est essentiellement localisée en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde. Des pays en développement qui tendent à changer leurs habitudes de consommation .Entre 1990 et 2007, « la consommation mondiale de viande toute espèce confondue est passée de 143 à 271 millions de tonnes équivalent carcasses... avec un taux de croissance annuel moyen de 5% sur la période « et même une progression plus rapide que celle prévue par la FAO sur la viande de bœuf. (constat établi par un économiste de L'INRA, Pascal Mainsant, à une conférence organisée par Innoviandes en 2008).
Et ceci ne concerne pas l'Europe, qui aurait même diminué sa consommation de boeuf (moins de 25% en moyenne) et de porc (moins de 46% en moyenne). Tandis que la production chinoise, toujours selon les mêmes sources a augmenté de 140% entre 1990 et 2004. Si l'Inde comme on le suppose, et tous les autres pays émergents changent également leurs modes de consommation, cela ne va pas forcément aider à régler le problème viande.
Et cela va faire toujours plus de pattes et de cornes dans les enclos, toujours plus de rots de méthane et de pauvres bêtes entassées à moitié folles dans le noir et qui s'entre-dévorent.
Pour être sûürs de ne pas les confondre avec leurs « pets », les anglais ont fait la différence entre le calf et le veal, le sheep et le mutton. Et vous les faites rire si vous leur dites que vous avez vu un beef en plein champ (sur pattes, c'est ox). En France, nous avons mieux que cela, nous avons des petites trappes automatiques dans la tête. Et cela ne nous pose aucun problème d'aller déguster un bon steak au poivre après avoir fait risette à Marguerite. Car nous sommes très accommodants...
Mon voisin va peut être manger plus de ceci et moins de cela parce que c'est bon pour son cœur. Je vais peut-être manger plus que ceux-ci un peu trop de cela parce que je manque de cœur.
En tous cas, lorsque je vois l'état dans lequel nous avons mis cette pauvre planète, moi et mon corps on est raccord. Mangeons moins de viande. Let's help the world !
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