ALAIN BARATON
Le bio, c’est royal !
Cela fait une bonne trentaine d'années qu'il fréquente les fantômes au sang bleu dans les Allées du Roi... et un peu moins qu'il s'exprime très librement chaque semaine sur France Inter (les samedis et dimanches en direct 7h45 / 8h) pour donner des conseils, pousser quelques coups de gueule salutaires ou raconter... Il a publié de nombreux ouvrages, comme « L'Amour à Versailles » (Plon 2005), « Le jardinier de Versailles » (Grasset, 2006), « La véritable histoire du Jardin de Versailles »co-écrit avec Jean-Pierre Coffe (Grasset 2006 : on y voit les deux compères, commenter analyser et critiquer le paysage qui les entoure, au fil de leur déambulation). Versailles est le mot-clef : Alain Baraton y est né en 1957, Ensuite il est devenu jardinier en chef du Domaine National de Trianon et du Grand Parc du Château, logé dans la maison de Molière. Il y a connu le pire (la terrible tempête de décembre 1999) et souvent le meilleur. La fréquentation des lieux inspirés inspire et on devine aisément ce qu'un tel jardin peut murmurer à l'oreille de son jardinier. A ce propos, il est plus probable qu'on le surprenne avec Marie-Antoinette et La Quintinie qu'avec Louis XIV et Le Nôtre, car il avoue souvent sa préférence pour la sensualité des potagers et la poésie des jardins de curé.
Alain Baraton est un passionné, cela ne peut échapper à personne. Il admire le travail de Le Nôtre mais réprouve tout ce qui torture la nature. Il cultive les jardins secrets mais son grand charisme ne les laisse pas longtemps ignorés. Ses coups de gueule ont pour effet immédiat de rassembler du monde, comme dans l'affaire des tilleuls de Villers-sous-Chalamont, dans le Doubs, où entre les 4 et 5 avril 2009, des centaines et des centaines de gens sont venus à la rescousse de deux arbres magnifiques menacés d'abattage (voir http://sauvonslestilleuls.t-tm.com).
Alain Baraton est un grand affectif. Si l'une de ses farces préférées dans les soirées mondaines où on ne le reconnaît pas est de dire qu'il est jardinier, c'est que pour lui il n'y a rien au-dessus. Pourquoi ? Eh bien pardi, parce qu'Alain avait un grand-pére qui lui a transmis l'amour de la terre et des simples et qu'il a nourri sept petits enfants avec son jardin sans « produits ». Le Jardinier des Rois parle des pesticides comme on parle des produits dopants en milieux sportifs. En trente ans, il déclare n'avoir jamais vu passer un « produit » à Versailles...
C'est sans doute par amour pour les grands-pères, arrière et arrière grands-pères (la première édition est de 1745) qu'Alain Baraton dédicace la réédition de ce qu'il considère comme le premier Guide Bio : « Le bon jardinier » (4 novembre chez Flammarion).
Tout comme à son premier jour, sans une seule photo, mais avec plus de 2000 plantes potagères, fruitières et ornementales et autant de conseils dont pas un n'est faux (d'après le Jardinier en Chef.) De 1745 à nos jours, le bio c'est donc royal et révolutionnaire.
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