
LES PECHES DE MONTREUIL
Une vraie découverte !
Au 19e siècle on célébrait les pêches de Montreuil qui avaient droit aux meilleures tables : l'Alexis Lepère à la chair exquise, obtenue en 1876 par Alexis Lepère Fils ; « l'Arthur Chevreau », également du nom de son auteur, obtenue vers 1900 : la "Belle Beausse", de Joseph Beausse qui vient en septembre, ou la Belle Impériale, la Galande, la Grosse Mignonne... Jusqu'à 400 variétés. Qu'avaient- elles de si singulier ces pêches pour rivaliser, avec les fruits du Sud de la France ? Greffés sur des amandiers, les pêchers étaient cultivés en espaliers palissés sur des murs hauts de 3 mètres. Chapeautés de tuiles, espacés de 10 à 12 mètres, exposés au levant et au midi, et talochés de plâtre afin d'augmenter leur inertie thermique, ces murs restituaient la chaleur aux fruits et aux arbres durant la nuit. Le procédé avait été découvert par Girardot, mousquetaire du Roi... Au 19e siècle, les 600 kilomètres de murs dessinaient un surprenant damier où l'on cultivait auprès des pêchers, des lilas, jonquilles, iris, delphiniums, rosiers pivoines, des vignes et des framboisiers... On conçoit aisément ce qu'a pu ressentir Paul Signac, dont plusieurs toiles sont exposées à Montreuil.
Vers 1825, quinze millions de pêches produites sur six cents kilomètres de murs. Mais bientôt le début de la fin avec les Chemins de fer apportant les pêches de Provence. Toutefois, ce n'est pas encore la chute des murs. En 1907 près de 720 hectares sur les 930 de la ville. Même s'ils se lézardent un peu et servent de support à tous les rêves d'artistes, ils ne seront jamais radicalement abandonnés...
En 1953 une surface de 50 ha est classée en zone horticole protégée. Le SDRIF de 1976 transforme le secteur en réserve d'espace vert urbain. En 1994, rétractation au profit d'une zone urbanisable à 80 %. Retrait momentané de l'État. Pour finir, 8,5 ha ont été conservés et classés définitivement par le ministère de l'écologie le 16 décembre 2003 au titre des "Sites et Paysages"[8]. Ce qui ne résout pas encore le problème des jardins restants : c'est pourquoi de nombreux bénévoles se mobilisent aujourd'hui pour sauver tout ce qui est possible... Association Murs à pêches, 33, rue Saint-Just, Montreuil (Seine-Saint-Denis), 01-48-70-75-31. Et aussi... Les Amis du clos à pêches, rue Charles-Graindorge, Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Visite tous les dimanches, de 10 h 30 à 12 h 30. Gratuit.
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