LE 7E FORUM METEO
Les mots pour le dire


Du 21 au 24 octobre 2010, de 10h à 19h, le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris accueillera la 7e édition du Forum de la Météo.

1000m2 d'animations ludiques et pédagogiques, gratuites, 5 secteurs thématiques - météo/climat, espace, énergies, environnement et eau. Une formation proposée aux enseignants. Plus de 400 professionnels attendus (experts et acteurs du développement durable, élus locaux...journalistes) et plus de 80 journalistes-présentateurs météo du monde entier... Avec la «  Green Ride » de clôture, le 23 octobre : RV à 11h devant l'Opéra Garnier.

LE POIDS DES MOTS :
Après "Changeons d'air !" en 2008 et "La ville face aux changements climatiques" en 2009, le thème 2010 porte sur les "Inondations, un enjeu socio-économique majeur de notre siècle". Depuis 2004, à travers le FIM, la Société Météorologique de France sensibilise le grand public aux impacts du dérèglement climatique.
Et le sujet est devenu particulièrement sensible à partir du moment où il a bien fallu donner l'alerte. Comme, par exemple, L'Union Européenne en 2007 :

« Dans le monde entier, on s'accorde de plus en plus à dire que la planète est confrontée à un changement climatique irréversible, à moins que des actions ne soient entreprises rapidement. »

Irréversible...Le mot était lâché,à la suite duquel on a vu apparaître immédiatement,ceux de lutte, menaces,défi, catastrophe et même apocalypse,qui ont fait peur, agacé et donné lieu à toutes sortes de réactions, provocantes ou sensées. Pour ces dernières, on pense au biologiste, philosophe et écrivain Henri Atlan qui a parlé de « religion de la catastrophe » «  Il faut se garder de succomber au catastrophisme » pour éviter « d'engendrer la résignation «  a admis le climatologue Hervé Le Treut .Le principe de précaution oblige à exagérer la menace" a reconnu François Ewald, philosophe du risque, professeur titulaire de la chaire d'assurances du CNAM directeur de l'Ecole nationale d'assurances et ancien assistant de Michel Foucault au Collège de France.


LE CHOIX DES MOTS :

Il y a un temps pour chaque chose. Après la pluie, comme chacun sait...Il faut inverser la tendance, revivifier le discours, retrouver un « optimisme raisonné » (Jean Jouzel). Des événements comme celui-ci y contribuent, en invitant le Grand Public à découvrir les coulisses de L'INSU, de Météo France,de Studec TV, de la SMF de L'OMM, du SNES, avec des quizz, des films et quantité d'animations. Comprendre pour agir et agir pour comprendre, c'est en quelque sorte, la double formule, inscrite en filigrane de ce Forum.

Le choix des mots, comme le rappelle Evelyne Dheliat, les journalistes météo connaissent bien. Comment trouver les plus précis, les plus exacts, lorsque l'on sait qu'il peut y avoir 15° d'écart entre deux points séparés de quelques kilomètres ? Comment reconvertir des données scientifiques en langage accessible lorsque l'on s'adresse à la France entière ?

COMPRENDRE POUR AGIR :
Lorsqu'on ne peut pas éviter certains phénomènes naturels, on peut analyser l'erreur humaine aggravante ( gestion inappropriée des rivières, de la construction dans les zones inondables. Après Katrina à La Nouvelle-Orléans le Gouvernement américain a douloureusement constaté son impuissance à gérer correctement l'évacuation de 500 000 personnes .)

On l'a vu à l'occasion des différentes alertes sanitaires, les français sont particulièrement chatouilleux sur le chapitre de leur indépendance. Avant le sommet de Rio (1992) où il fut déclaré «  « En cas de risques, de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives »,ce qui eut pour effet en France, l'adoption de la loi Barnier (1995) les français n'avaient même pas envisagé le principe de précaution. Alors qu'il était apparu en Allemagne dès 1960 ( ("Vorsorgeprinzip").

Ce principe a été adopté depuis peu, même pour les inondations, qui représentent l'aléa naturel le plus récurrent, dans le monde et en France (44 % des événements dommageables entre 1900 et 2006,d'après les statistiques gouvernementales).
La Directive 2007/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2007 relative à l'évaluation et à la gestion des risques d'inondation a fixé une date : d'ici le 22 décembre 2011au plus tard, les États membres doivent procéder à une évaluation préliminaire des risques, pour chaque district hydrographique ou portion de district situé sur leur territoire, et classer les bassins hydrographiques, selon leur potentiel de dangerosité, avec des cartes à la disposition du grand public, avant le 22 décembre 2013.

Le Maire de Paris Bertrand Delanoë fait savoir qu'avec le Plan de Prévention du Risque Inondation établi en 2003 et révisé en 2007, « Paris dispose d'un outil qui détermine le périmètre de la zone inondable,fixe les règles de constructibilité et établit des prescriptions sur les constructions... (avec des dispositions particulières pour les organismes exerçant des missions de service public) ».
D'autre part,Jean-Paul Huchon et Hélène Gassin, Vice-présidente chargée de l'environnement et de l'énergie, viennent de faire voter, en début octobre, des mesures nouvelles, avec un Livre Blanc, prémisse du Plan Climat qui sera définitivement adopté au printemps prochain.


COMPLEXITE OBLIGE :
Denis Baupin, Adjoint au Maire de Paris,  chargé du développement durable, de l'environnement et du plan rappelle qu'il faut rester modeste «  Nous avons bien dûü admettre que nous ne pouvions pas tout maîtriser ».

Les chercheurs doivent intégrer cette « absence de certitude », comme un postulat fondamental,s'ils ne veulent pas se laisser déboussoler par « l'extrême complexité »de « la machine thermique que constitue la Terre »pour reprendre les mots de Jean Jouzel,Président de la Société Météorologique de France,Membre du Bureau du GIEC...

« ...un système régi par de multiples interactions entre différents réservoirs (atmosphère, océan, hydrosphère, biosphère...) et jouant sur un très large spectre d'échelles de temps (de la journée à la centaine de milliers d'années) et d'espace (échelle locale, régionale ou globale)... »(Jean Jouzel).

« De même qu'une situation complexe requiert une démarche de traitement complexe, le principe de précaution appelle une démarche d'évaluation complexe » a déclaré pour sa part Robert Delorme, professeur émérite à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, dans un article paru dans Le Monde du 23.09.10, intitulé « Prévention ou principe de précaution ? Une question insoluble scientifiquement ».
Se référant aux résultats d'une recherche, publiés récemment, en Grande-Bretagne, « Deep Complexity and the Social Sciences éd. Edward Elgar, 2010 », Robert Delorme invoque les mots de «Transdisciplinarité, apprentissage, construction participative de connaissances, transparence, exposition à la critique et à l'erreur, possibilité de révision, organisation de l'exercice d'une capacité de jugement incluant experts et autres parties prenantes... »

LES MOTS D' OUVERTURE :
Ce qui donne envie de laisser le mot de la fin à Maud Fontenoy, Marraine du FIM 2010 lorsqu'elle décrit la vulnérabilité des navigateurs, et plus précisément bien-sûür de la navigatrice solitaire : « On subit les intempéries, on fuit lentement la dépression, on est au cœur du cyclone quand il se pointe...On apprend à lire les phénomènes...On sent monter les choses...L' Océan est une matière extraordinaire... ».

Extraordinaire en effet ! Et cette matière, on la découvre à peine : son rôle écologique essentiel, et les trésors incroyables de biodiversité qu'elle cache à des profondeurs et dans des conditions jugées jusqu'à ce jour, impropres à toute forme de vie, ouvre des perspectives incommensurables.

Dans le même temps hélas, on apprend que l' « 'acidification des océans est une autre conséquence, beaucoup moins connue, des quelque 79 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) libérées dans l'atmosphère chaque jour par la combustion des carburants fossiles, la déforestation et la production de ciment. » selon l'océanographe Jean-Pierre Gattuso (propos rapportés sur son blog par Hervé Le Treut).
Laissons-nous donc gagner par la beauté de ce patrimoine extraordinaire, et ne tolérons pas qu'il devienne le lieu d'un désastre ordinaire.

http://www.smf.asso.fr/fim10.html
Partenaire d'honneur : EDF


Ajouté le 17/10/2010


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